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Osheaga sous le soleil, les feux d’artifices et les parachutes

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L’été au Québec dure environ deux mois mais depuis deux ans, nous avons droit à un véritable déluge une grande partie du mois de juillet et encore plus sournoisement les week-ends. Les prévisions apocalyptiques de la météo nous ont poussées à négliger les festivals programmés en juillet (Festival de Jazz de Montréal, Festival Juste pour rire, Festival d’été de Québec, Woodstock en Beauce, etc.) et nous avons contemplé les éclairs autant que les Feux d’artifices du samedi soir.

Nous voilà donc à la fin de juillet avec des prévisions de samedi ensoleillé  et un choix entre trois festivals à Montréal: Osheaga, les Francofolies et Divers Cité. Notre fibre rock alternatif nous a fait opter pour Osheaga. Ça ne pouvait pas tomber mieux pour cette quatrième édition du festival : non seulement le soleil et la chaleur étaient au rendez-vous, mais en plus les spectateurs ont eu droit à de solides performances de groupes fort diversifiés. La diversité des genres musicaux et la qualité des groupes invités, incluant la tête d’affiche Coldplay, explique sans aucun doute que le festival a battu son record d’assistance samedi, attirant un peu plus de 30 000 mélomanes en une seule journée. Les organisateurs du festival estiment qu’environ 50 000 spectateurs seront au rendez-vous pour cette édition du festival, ce qui est un véritable succès si on pense qu’à sa première édition, le festival Osheaga avait attiré 25 000 personnes.

Évidemment, nous ne pouvions assister à tous les spectacles, mais nous avons fait quelques belles découvertes et revus des groupes qui n’ont eu aucune difficulté à nous séduire. D’ailleurs, un des objectifs du festival a toujours été de promouvoir la musique émergente et de la faire découvrir aux fans.

Donavon Frankenreiter et le Karaoké improvisé

Nous avons débuté notre journée musicale avec le rocker/surfer Donavon Frankenreiter. Sa musique, qui peut se comparer au son de Jack Johnson, qu’il compte d’ailleurs parmi ses amis, était on ne peu plus parfaite pour cette journée ensoleillée : un superbe mélange de folk rock, guitare acoustique, trompette, accordéon et une voix à la fois douce et empreinte d’une touche de blues. Le groupe semblait se plaire sur la scène si on se fie aux sourires permanant sur leurs visages et ils ont d’ailleurs commenté sur la beauté des lieux. Le chanteur a su charmer sans difficulté la foule et l’a invité à chanter le refrain d’une chanson en tendant son micro afin d’entendre des milliers de personnes chanter « If it don’t matter to you, it don’t matter to me ». Donavon Frankenreiter a certes du être impressionné par la qualité musicale de notre performance puisqu’il a ensuite lancé son micro vers le foule et, comble du bonheur, un jeune homme avec une voix tout aussi puissante et belle que le chanteur a entamé le refrain au grand bonheur du groupe et des spectateurs.

Le toupet roux d’Angleterre

Nous nous sommes ensuite dirigés vers la scène MEG afin de découvrir une artiste qui fait sensation en Angleterre : La Roux. En effet, ce trio qui fait dans l’électro-pop est non seulement devenu l’un des meilleurs vendeurs dans sa terre natale, mais en plus, il a été nommé par le comité de juges du Mercury Prize (équivalent des Grammy) dans la courte et très prestigieuse liste des 10 meilleurs disques de l’année. La chanteuse a fait son apparition sur scène vêtue d’un accoutrement éclectique et de son fameux toupet roux. La foule a semblé apprécier la performance solide et la voix impeccable de la chanteuse. Cette prestation nous a permis, ainsi qu’aux autres spectateurs, de nous dégourdir les jambes en dansant allègrement au rythme endiablé de la musique électronique. La Roux a terminé sa prestation avec son succès, « Bulletproof » au grand bonheur de ses fans.

Caracol et The Stills, enfants de Montréal

C’était maintenant le temps de nous plonger et d’encourager des groupes Montréalais, soit Caracol (un de seuls groupes francophones du festival) et The Stills. Si certains spectateurs ne savaient pas que ces deux groupes étaient originaires de Montréal, c’est devenu clair grâce aux clins d’œil et aux commentaires qu’ils ont fait sur la température. « Enfin le soleil! » a lancé Caracol. Le chanteur de The Stills a quant à lui débuté sa performance en mentionnant (très objectivement!) que Montréal était la meilleure ville au monde pour ensuite ajouter son commentaire sur la fameuse température : « It’s the first real day of summer. It’s not raining », a-t-il lancé, visiblement soulagé. Mais revenons à la musique! Caracol a offert une bonne performance et a pris le temps de discuter avec la foule expliquant brièvement l’origine de quelques chansons. Toutefois, leur performance a été perturbée par plusieurs problèmes techniques, ce qui a visiblement agacé quelque peu le groupe. The Stills, quant à eux, ont offert une solide performance à saveur rock. Le groupe a été fort occupé cette année : ils ont, entre autres, assurer la première partie de Paul McCartney lors des célébrations entourant le 400e de Québec. Nous sommes à la fois frappés par la jeunesse des membres du groupe, la qualité de leur musique et des voix, ainsi que leur concept vestimentaire, chaque membre du groupe étant habillé de la tête aux pieds en une seule couleur. Les spectateurs sont venus en nombre et semblaient avoir bien apprécié la prestation des membres du groupe, alias Monsieur Rouge, Bleu, Blanc et Gris!

The Roots déchainés

Nous nous sommes ensuite dirigés de nouveau sur la scène de la Montagne. À l’avance sur l’heure prévue, Guillaume Lemay Thivierge en a profité pour sauter en parachute, mais l’un des parachute nous a fait peur en piquant dangereusement du nez. Il semple qu’il ait atterri dans le bassin de l’Île Notre-Dame en un morceau.
De retour à la musique, nous assistons à la performance entraînante et déchaînée du groupe hip-hop The Roots qui mélange plusieurs styles musicaux, allant du hip-hop, à la musique populaire afro-américaine, tout en insérant quelques morceaux rock de Guns’ N Roses et Black Sabbath. Un son unique qui a su faire délirer la foule tout juste avant l’entrée en scène de ceux que tout le monde attendait : Coldplay.


Coldplay, la grande séduction

Pendant une heure et demie, la formation britannique Coldplay nous a livré quelque uns de leurs meilleurs succès de leurs quatre albums. La foule en délire a chanté de vive voix accompagnant le chanteur Chris Martin sur des chansons comme Viva La Vida, Live in Technocolor, Fix You, In My Place, ainsi que le succès qui a lancé leur carrière, la très belle chanson  Yellow, performance qui a été accompagnée par un magnifique jeu de lumières jaunes et le déversement d’une dizaines de gros ballons jaunes que la foule lançait en l’air. Coldplay n’a eu aucune difficulté à gagner la foule (déjà gagnée d’avance me direz-vous!) grâce en grande partie au charisme et charme de son chanteur qui, même devant une foule de 30 000 personnes réussi à établir un contact puissant et à nous toucher par la qualité de sa performance, son sens de l’humour, sa bonne humeur et son français qui n’est pas si mal que ça!

Vers la fin du spectacle, les feux d’artifices des États-Unis de l’autre côté du Pont Jacques-Cartier ont décidé de se joindre aux festivités, au grand plaisir du chanteur qui a pris le temps de les regarder brièvement…comme nous tous! Autre belle surprise : le groupe a délaissé la grande scène afin de réapparaître au beau milieu de la foule, sur une petite scène érigée…juste devant nous! Le groupe a alors fait un hommage à Michael Jackson en interprétant une version acoustique de la pièce Billie Jean, chanson qui a clairement plu aux spectateurs qui ont accompagné Chris Martin en chantant à tue-tête les paroles de cette chanson classique. Chris Martin nous a aussi livré une petite improvisation musicale à l’harmonica qui se voulait un hommage à ce beau samedi à Montréal…Et un beau Samedi ce fut!

Le seul bémol des spectacles de musique dans le bucolique Parc Jean Drapeau, c’est d’essayer de revenir sur l’île en même temps que 30 000 autres personnes. Le métro ne fournit pas, il n’y a pas de navettes, ni de bateau, pas de Bixi ni de taxi et le chemin à pied est atrocement long et mal éclairé. Ajoutez à ça, le Pont Jacques-Cartier fermé pour les feux d’artifices, un accident sur le Pont de la Concorde et une grande partie du centre-ville bouclée pour les Francofolies et Divers Cité…décidemment,  Montréal n’a rien à envier au Carnaval de Rio.  Heureusement, une fois sur l’île, nous avons trouvé des Bixi et pris tout notre petit change pour monter la cote de Berri avec les 3 vitesses de ces indestructibles «vélos-tank».

Osheaga sous la pluie…

Osheaga se poursuit toute la journée dimanche avec des spectacles de Vampire Week-end, Rufus Wainwright, The Decembrists, les Yeah, Yeah, Yeahs et plusieurs groupes émergents à découvrir. La météo annonce des orages mais nous ne sommes pas faits en chocolat comme nous disaient nos mères avant de nous pousser dehors tout empotés dans nos superbes bottes à eau (qui sont d’ailleurs revenues à la mode cette année!). Nous voilà reparti pour une journée électrisante!

Sandra et Marie-Lyse